Avião desce no rio Hudson sem vítimas.

Airbus à New York : le scénario du miracle Ophélie Wallaert (lefigaro.fr) avec AFP et AP 16/01/2009 | Mise à jour : 14:27

Les passagers attendent d’être évacués sur l’aile de l’Airbus A320 (AP). Une minute après son décollage, les réacteurs de l’avion sont endommagés par des oiseaux. Le pilote parvient à se poser dans les eaux glacées de la rivière Hudson. A bord tout le monde est indemne. Récit. Un «miracle». L’Amérique n’a que ce mot à la bouche depuis la chute d’un Airbus A320 jeudi dans les eaux glacées de la rivière Hudson à New York. Un spectaculaire accident dont les 155 passagers sont tous sortis vivants, sous les yeux de New-Yorkais ébahis. Dans ce scénario digne d’un film hollywoodien et dont le titre pourrait être «Le héros de l’Hudson», le pilote est parvenu à poser l’avion en détresse sur le fleuve, au pied des gratte-ciels illuminés de l’ouest de Manhattan. Mais pas de bon film d’action sans un «méchant». Un rôle qui, semble-t-il, aurait été tenu par…des oiseaux. L’incroyable histoire débute jeudi vers 15 heures locales (20h00 GMT) sur le vol 1549 d’US Airways à destination de Charlotte, une ville de Caroline du Nord. A bord de l’avion, 150 passagers et 5 membres d’équipage . L’accident a eu lieu près du quartier de Manhattan (AFP). Mais moins d’une minute seulement après le décollage de l’aéroport LaGuardia , le pilote signale un «double choc d’oiseaux». Comprendre : des oiseauxentrent en collision avec l’avion se retrouvent coincés et étouffent les deux réacteurs. Un passager originaire du Connecticut, Jeff Kolodjay, raconte avoir entendu une explosion et s’être alors penché vers l’aile gauche de l’avion. Vision de choc : l’aile est en feu. Le pilote, Chesley Sullenberger, âgé de 57 ans (lisez son CV), déclare alors : «Préparation à l’impact, parce que nous allons vers le bas». Jeff Kolodjay confie : «c’était extrême. C’était extrême. Vous ne pouviez que vous en remettre au pilote. Il a fait un sacré atterrissage».

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D’après des témoins, le pilote semble avoir maîtrisé la descente de l’avion, qui s’est presque posé sur l’eau. «J’ai vu un avion de ligne qui descendait, on aurait dit qu’il atterrissait sur l’eau», relate Bob Read qui a assisté à la scène depuis les bureaux du magazine de télévision «Inside Edition». «Cela ressemblait à une descente contrôlée». «J’ai vu l’avion flotter» L’ancien vétéran de l’US Air Force parvient à se frayer un chemin dans le ciel de New York, pour descendre jusqu’au fleuve au niveau de la 48e rue à Manhattan et éviter une catastrophe en pleine ville. «J’étais sur l’embarcadère 84 en train de ramasser des ordures quand j’ai regardé l’eau et que j’ai vu l’avion flotter, je me suis cru dans un film», n’en revient toujours pas Troy Keitt, un technicien de 46 ans. Les pompiers new-yorkais, les gardes-côtes et une armada de bateaux débarquent rapidement sur les lieux. Ils ouvrent les portes pour extraire de l’appareil les passagers, dont un bébé, en bonne santé. Tous portent des gilets de sauvetage jaunes. Les télévisions américaines diffusent des images spectaculaires des passagers attendant sur l’aile de l’appareil d’être secourus : La plupart des personnes sont récupérées immédiatement et évacuées à bord de canots de sauvetage sur sur les quais de New York, où fourmillent pompiers, policiers et journalistes. Mais les plongeurs de la police doivent aussi repêcher certains passagers «tombés dans l’eau», raconte le maire de New York Michael Bloomberg. C’est l’une des journées les plus froides de l’hiver, la température de l’air est alors de -7 degrés et celle de l’eau, de seulement 6 degrés. L’avion est arrimé par des câbles après l’accident (AFP). Tous les passagers sont sauvés mais certains sont blessés, d’après les pompiers. Une personne souffre de fractures aux deux jambes, les autres sont légèrement touchées, souffrant d’hypothermie et d’ecchymoses entre autres. Bush salue l’héroïsme de l’équipage Quant à l’appareil, il a flotté dans l’eau encore longtemps après l’accident, des membres des équipes de secours marchant sur ses ailes, avec de l’eau jusqu’aux genous, avant qu’il ne coule. L’image de l’Airbus dans le fleuve, au pied des gratte-ciels illuminés de l’ouest de Manhattan, offrait une vision saisissante. A la tombée de la nuit, l’avion est remorqué jusqu’à un quai de l’Hudson et arrimé par des câbles. Pendant ce temps la photo Chesley Sullenberger, 40 ans de vol derrière lui, est diffusée en boucle sur les chaînes de télévision américaines : Depuis Washington, le président George W. Bush s’est dit impressionné par les «compétences et l’héroïsme» de l’équipage de l’avion et a salué «le dévouement et l’abnégation» des secouristes et des volontaires. De son côté la compagnie Airbus s’est refusé pour l’instant à une «quelconque spéculation sur les causes de l’accident» et a envoyé des enquêteurs sur place.

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Toute l’adresse du pilote de l’A 320 a consisté à arriver près de la surface avec la vitesse minimale pour réduire l’impact, toucher l’eau avec l’arrière du fuselage et laisser tomber doucement l’avion.

Comment l’Airbus A 320 a-t-il réussi à se poser sans dommage majeur sur l’Hudson qui borde Manhattan à New York ? Il faut d’abord saluer le sang-froid de l’équipage qui a su gérer une situation exceptionnelle. La panne de deux moteurs simultanée est statistiquement inimaginable. Quand un premier moteur s’arrête, la probabilité que le deuxième tombe en panne est infime, évaluée à 10 puissance moins 6, soit un millionième de chance d’arriver à cette situation. Aussi n’est-elle pas prise en compte dans la formation des pilotes. Cette double panne ne figure pas au programme officiel lors des entrainements au simulateur. Face à cette situation, la première réaction de deux pilotes est de gérer la trajectoire, c’est-à-dire ne pas perdre le contrôle de l’avion et d’afficher la vitesse de meilleur plané. C’est le rôle du pilote dit « en fonction ». Celui « non en fonction » tente de gérer la panne, affiche les check-lists de secours, prévient le contrôle aérien et informe les hôtesses et stewards de la situation. Il s’agit donc d’un vrai travail d’équipe. Le commandant de bord, même s’il n’est pas pilote en fonction, valide toutefois les grandes décisions, comme le choix de la zone de crash.

A environ mille mètres, altitude de la panne de New York, un avion comme l’Airbus A 320 affiche une finesse de 15 à 20, c’est-à-dire qu’il peut planer pendant 15 à 20 km droit devant lui. La finesse d’un planeur de compétition en composite est, elle, beaucoup plus importante de l’ordre de 40.

 

Demi-tour interdit pour l’A 320

 

Dans le cas du vol d’US Airways, le retour vers La Guardia, l’aéroport de départ, n’était pas envisageable. Un demi-tour « consomme » en effet beaucoup d’altitude. De même, rallier Teterboro, l’aéroport d’affaires équivalent du Bourget à New York, n’entrait pas dans la trajectoire possible. Le pilote a donc décidé de suivre les méandres de l’Hudson. Malgré deux moteurs en panne, les commandes électriques de vol sont restées efficaces, fonctionnant quelques minutes sur les batteries de bord ou, à défaut, grâce à une mini-éolienne qui sort automatiquement du fuselage. Ces commandes électriques conçues par Airbus se sont révélées être un atout car elles corrigent automatiquement les actions du pilote pour éviter le décrochage. On retrouve ici certaines conditions du crash d’Habsheim qui s’était produit dans une forêt où un grand nombre de victimes a aussi été évité.

L’A 320 n’est pas un hydravion et n’a pas les flotteurs qui permettent un amerrissage en toute sécurité. La technique utilisée consiste à se poser sur le fuselage en évitant que les moteurs, suspendus sous les ailes, touchent l’eau les premiers entraînant un «cheval de bois» (retournement de l’avion sur lui même, ndlr) et probablement la dislocation de l’avion. Toute l’adresse du pilote a consisté à arriver près de l’eau avec la vitesse minimale pour réduire l’impact, puis à toucher avec l’arrière du fuselage, enfin à laisser tomber doucement l’avion. Tout cela en quelques secondes et en évitant les ferries, barges et autres cargos nombreux sur l’Hudson et en passant juste au-dessus du pont George Washington… L’avion a ensuite flotté assez longtemps pour que les passagers puissent sortir par la porte avant et se réfugier sur le toboggan qui se transforme en radeau pneumatique ou sur l’aile par les issues de secours. Les réservoirs des ailes ont fait alors office de flotteurs et l’A 320 a pu être remorqué près du quai.

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